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Écrire (et danser)

  • Photo du rédacteur: Sandie Carissan
    Sandie Carissan
  • il y a 2 jours
  • 1 min de lecture


J’écris.

Pas par discipline.

Par nécessité.


Je veux toucher ma pensée et la déployer.

Parfois je veux que ça aille vite, car seuls les mots me font y accéder.

Mais je fais souvent cette expérience où


Ça résiste.

Ça accroche.

Ça refuse d’obéir à l’urgence.



°°°


Longtemps, j’ai cru que j’écrivais quand je tapais sur mon clavier.


Mais j’écris bien avant ça.


Quand quelque chose insiste sans forme.

Quand une idée me dérange sans se laisser attraper.

Quand une sensation revient, sans raison claire.


C’est diffus. Inconfortable.

Ça n’a pas encore de mots, et c’est précisément ça, la tension.


Je vis avec.


Parfois des heures.

Parfois des jours.

Rien ne sort.

Et pourtant, tout travaille.


Ce temps-là ne se voit pas.

Il n’a aucune valeur mesurable.

Mais sans lui, je crois que je n’écris rien de juste.


Je connais la tentation de la hâte.

Mais maintenant, je sais reconnaître quand elle ferme trop rapidement ce qui devrait rester ouvert.


Alors, je m'arrête.

Je recule,

puis je reviens.



°°°



Écrire est devenu une forme de résistance.


Résister à la clarté immédiate.

Résister à la vitesse.

Résister à l’idée que tout doit être prêt.


Je garde des phrases incomplètes.

Des tensions non résolues.


Parce que la pensée n’est pas un produit fini.

Elle a besoin de silence.

Et ce silence, désormais, je le protège.


Comme une condition.



°°°



Je n'attends plus que la phrase soit belle. J'attends qu'elle soit inévitable.


Je ne poursuis plus l’idée ; j’attends qu’elle s’appuie contre moi.


Cet apprivoisement, ce sont les seuls pas de danse que je connaisse.





 
 
 

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