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Donner à un regard le temps dont il a besoin
Elton John a arrêté l'alcool et la drogue en 1990. Il a raconté plusieurs fois la même scène : la première fois où il a regardé une photographie avec des yeux sobres, et où il a eu l'impression de la voir vraiment, pour la première fois. David Furnish raconte que le premier soir où ils se sont rencontrés, à Windsor, ils ont découvert qu'ils aimaient tous les deux la photographie : lui avait des livres sur la table basse, Elton John avait déjà de vrais tirages au mur. Ce qui a

Sandie
29 juil.3 min de lecture


La contemplation est-elle réservée aux riches ?
J'ai reçu cet été en cadeau pour mon anniversaire 🎁🎂: La Distinction, le roman graphique que Tiphaine Rivière a tiré du classique de Pierre Bourdieu. Je l'ai dévoré en une soirée, incapable de le reposer. À travers une classe de lycée, une galerie d'adolescents et de familles, on voit apparaître, sans grand discours, comment le fait d'aimer telle musique, tel décor, telle façon d'occuper ses soirées, dépend beaucoup moins de notre personnalité que de la place que nous occup

Sandie
28 juil.4 min de lecture


AMOR FATI, le grand oui à la vie
Je vous avais raconté que j'avais pleuré en lisant S'affirmer avec Nietzsche de Balthasar Thomass. Ce livre m'a traversée comme peu d'autres l'ont fait. Et en écrivant sur Etty Hillesum, j'ai pensé à un concept que Nietzsche nomme amor fati. L'amour du destin. Cela a été tellement révolutionnaire pour moi que j'ai même voulu me le tatouer sur la peau. Mais bon, je n'aime pas les tatouages (sauf cas de force majeure, et oui, ça m'est déjà arrivé ! 🙃). Alors voilà. Je vous par

Sandie
22 juil.4 min de lecture


Etty Hillesum : Le jasmin derrière la fenêtre
Il y a plus de quinze ans, j'ai lu Une vie bouleversée d'Etty Hillesum. Une jeune femme d'Amsterdam, qui écrit entre 1941 et 1943, au cœur de l'occupation nazie. Elle a vingt-sept ans quand elle commence à écrire. Elle mourra à Auschwitz à vingt-neuf ans. Œuvre sublime. Elle fait partie des rencontres inspirantes de ma vie, et pourtant je n'ai jamais écrit à son sujet. Mais ayant récemment regardé la nouvelle série Etty (trouvable sur Arte actuellement), j'en ai eu l'envie. S

Sandie
4 juil.3 min de lecture


De la lecture pour cet été !
Nous voilà en juillet. L'été est souvent une saison où le rythme ralentit. Les journées s'étirent, les agendas se desserrent un peu. Alors aujourd'hui, j'avais envie de partager avec vous les quatre lectures que j'ai choisies pour me prélasser sur une chaise longue ⛱️. Peut-être vous inspireront-elles ! C'est parti ! ° ° ° Les grues volent vers le sud - Lisa Ridzén Ici, on suit Bo, 89 ans, qui vit isolé dans un village suédois, dépendant chaque jour un peu plus des aides à do

Sandie
2 juil.2 min de lecture


Le parfum, une leçon d'otium
Je parle rarement de parfum ici alors que c'est une grande passion ❤️🔥 Je passe des heures à regarder des hauls parfum sur YouTube. Je suis abonnée à une quantité déraisonnable (🤪) de passionné·e.s sur TikTok. Je vais sentir les nouveautés, je traine dans de nombreuses parfumeries. Et... j'achète probablement plus de parfums que je ne devrais (🤪🤪). J'en avais parlé une fois sur le blog à l'occasion de l'exposition de Francis Kurkdjian, mais finalement assez peu pour une

Sandie
26 juin3 min de lecture


Hommage à Edgar Morin
Samedi 29 mai, 8h. Je marche pour aller chercher des viennoiseries pour le petit-déjeuner. Mon téléphone tinte. Je le saisis et je vois un message de mon amie : « Edgar 🥺 ». Je comprends immédiatement. Il existe des auteurs qui nous apprennent des choses. Et puis il y a ceux qui transforment notre manière de voir le monde. Pour moi, Edgar Morin appartient à cette seconde catégorie. Il était, à mes yeux, un monument. Son œuvre est immense. J’ai déjà écrit sur sa pensée comple

Sandie
6 juin2 min de lecture


La vie intense
Nous voulons sentir. Sentir plus fort. Plus vite. Plus pleinement. Nous voulons être traversés, bouleversés, réveillés. Nous cherchons ce moment où quelque chose s’allume en nous, où l’existence cesse d’être plate, mécanique, répétitive. Une rencontre, une œuvre, une performance, une prise de risque, une émotion, un voyage, une fête, une décision radicale : tout peut devenir promesse d’intensité. Dans son ouvrage La vie intense. Une obsession moderne, Tristan Garcia interroge

Sandie
10 mai5 min de lecture


Mon professeur d'Otium
Je vous présente mon plus grand professeur d’otium. En ce mois d’avril, cela fait un an que je me tiens à son école. Il est arrivé au printemps. Je ne saurais pas dire exactement quand tout a commencé, mais je me souviens de la lumière. Elle entrait déjà plus franchement dans la pièce, car il saisissait chaque rayon de soleil. Les fleurs ont éclos. Je ne les regardais pas vraiment. Lui, si. Il s’arrêtait devant chacune d’elles, les humait longuement, comme si elles méritaient

Sandie
22 avr.2 min de lecture


Le vertige du vide : la seule issue à la saturation
Après avoir traversé la frénésie, l'engourdissement de nos sens et l'étouffement de nos intérieurs surchargés, nous parvenons au cœur du sujet... Derrière cette accumulation d'objets et de stimulations permanentes se dissimule une inquiétude plus silencieuse, mais autrement plus profonde. Une distinction essentielle : le manque n'est pas le vide. C'est précisément cette confusion qui nourrit, en sous-main, notre tendance à tout saturer. Nous remplissons nos existences parce q

Sandie
4 avr.4 min de lecture


L’habitation saturée
Après avoir vu comment la saturation affecte nos rythmes de vie puis notre sensibilité, elle se manifeste désormais dans un lieu plus intime encore : celui que nous habitons. Car ce trop-plein ne reste pas abstrait. Il prend forme dans nos espaces quotidiens, dans nos objets, dans l’organisation même de nos intérieurs. Notre époque révèle alors un paradoxe frappant : jamais nous n’avons été aussi connectés au monde, et pourtant, nos existences tendent à se replier dans des es

Sandie
3 avr.3 min de lecture


Saturation des sens : à force de stimulations, devenons-nous insensibles ?
Après avoir évoqué une société submergée par l’accumulation et le débordement, une autre interrogation émerge... Et si la saturation ne générait pas seulement de la fatigue… mais aussi une certaine forme d’insensibilité ? Autrement dit : et si le véritable problème n’était pas que nous ressentions trop, mais que nous ne ressentions presque plus ? C’est précisément à ce niveau fondamental (celui du corps et des sens) que Renaud Hétier situe le véritable tournant. Car la sat

Sandie
2 avr.4 min de lecture


Pourquoi nous débordons dans un monde qui ne manque de rien ?
Nous n’avons jamais eu autant. Jamais autant d’objets, d’images, de sollicitations, de possibilités. Jamais les destinations, les contenus, les goûts et les expériences n'ont été aussi nombreux. Et pourtant, jamais peut-être nous ne nous sommes sentis aussi débordés. Dans Saturation. Un monde où il ne manque rien, sinon l’essentiel, Renaud Hétier pose un constat sans équivoque : le défi de notre époque n'est plus la pénurie, mais la surabondance. Nous souffrons d’excès. Je vo

Sandie
1 avr.3 min de lecture


Écrire (et danser)
J’écris. Pas par discipline. Par nécessité. Je veux toucher ma pensée et la déployer. Parfois je veux que ça aille vite, car seuls les mots me font y accéder. Mais je fais souvent cette expérience où Ça résiste. Ça accroche. Ça refuse d’obéir à l’urgence. °°° Longtemps, j’ai cru que j’écrivais quand je tapais sur mon clavier. Mais j’écris bien avant ça. Quand quelque chose insiste sans forme. Quand une idée me dérange sans se laisser attraper. Quand une sensation revient, san

Sandie
27 mars1 min de lecture


Quand l’art devient une expérience du regard
Ma camarade et complice de parcours Sabine m’a conviée à vivre une expérience singulière : une séance de visite au Musée Gustave Moreau. Derrière cette invitation, Sabine, connaissant bien mes intérêts, voulait m’offrir une exploration du regard et de la perception : un espace pour observer, ressentir et réfléchir à ce que l’on voit. Diplômée de l’École du Louvre et titulaire d’un troisième cycle en philosophie et histoire de l’art, Sabine Teboul a développé une approche atyp

Sandie
20 mars2 min de lecture


Ce que le Silence Social Club rend possible
Partager une heure et demi sans paroles, sans téléphone, simplement être là. L’expérience peut sembler bizarre ou étonnante en sortant du boulot un vendredi soir. Pourtant, pour ceux qui vivent l'expérience Silence Social Club , Le silence s’est transformé en espace d’apaisement, de concentration, en véritable sas avant le week-end, et parfois même en terrain de découverte inattendue. Lors de cette session de silence, au moment de la clôture, j’ai pu recueillir les impressio

Sandie
22 févr.4 min de lecture


Faire de la cassure une source de beauté
Il existe au Japon un art discret qui ne cherche ni à effacer ni à masquer, mais à souligner. Un art qui ne redoute pas la cassure, qui la révèle en la traversant d’or. L’art japonais du kintsugi nous invite à regarder la fragilité d’une autre manière : accueillir les fissures, célébrer l’histoire des objets, et en faire ressortir la beauté. Inspiré par une vision du monde où l’imperfection n’est pas un défaut mais une trace signée du passage du temps, le kintsugi dépasse la

Sandie
20 févr.2 min de lecture


Fragiles dans un monde fragile
Au Passage Sainte-Croix, à Nantes, l’exposition permanente Fragiles dans un monde fragile propose un parcours sensible autour de notre vulnérabilité et de celle du monde. Plus qu'une succession d’œuvres exposées, c’est un parcours sensible et réflexif. Il existe un petit livre que l’on peut acheter à l’entrée de la visite. C’est de ce livre dont il est question ici. Ce n’est pas un simple catalogue d’exposition. C’est un texte construit, argumenté, qui approfondit les intui

Sandie
17 févr.4 min de lecture


Silence Social Club : l’art de se laisser habiter par le silence
Dans nos vies modernes saturées de sollicitations, notifications incessantes et bruit de fond permanent, prendre un temps de silence devient un acte profondément radical. C’est ce temps que vous propose de partager le Silence Social Club , un rendez-vous mensuel, le vendredi soir, pensé comme une parenthèse de 1h30 de silence partagé, où l’on peut simplement être, se déposer, respirer, s’écouter, sans bruit, sans urgence. La rencontre se clôt par un court temps de parole libr

Sandie
31 janv.3 min de lecture


Le vide comme condition de liberté
Le vide ne concerne pas seulement notre vie intérieure, nos objets ou notre rapport au désir. Il engage aussi notre manière de vivre ensemble. Dans Le vide qui est en nous , Hélène L’Heuillet montre que le vide est une question politique, au sens le plus profond du terme : il touche aux conditions mêmes de la pensée, du langage et de la liberté. Une société qui ne tolère plus le vide est une société qui rend la pensée difficile. Une société saturée Nous vivons dans un monde s

Sandie
19 janv.3 min de lecture
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