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Ce que le Silence Social Club rend possible

  • Photo du rédacteur: Sandie Carissan
    Sandie Carissan
  • il y a 10 heures
  • 4 min de lecture

Partager une heure et demi sans paroles, sans téléphone, simplement être là. 

L’expérience peut sembler bizarre ou étonnante en sortant du boulot un vendredi soir. Pourtant, pour ceux qui vivent l'expérience Silence Social Club, Le silence s’est transformé en espace d’apaisement, de concentration, en véritable sas avant le week-end, et parfois même en terrain de découverte inattendue.




Lors de cette session de silence, au moment de la clôture, j’ai pu recueillir les impressions de quelques participantes, c'est ce que je vous partage içi :


Apprendre à habiter le silence

« C’est ma maison »

La phrase tombe simplement. Pour l’une des participantes, le silence n’est pas une épreuve : c’est un lieu familier, presque un refuge intérieur.


Certaines parlent d’apaisement, de calme, d’un « vide » qui permet enfin de se détendre. L’une insiste sur un détail devenu central dans nos vies :

« Ne pas avoir mon téléphone, ça fait vraiment la différence. Je profite de ce moment pour me centrer sur moi ».

D’autres découvrent un effet plus inattendu : la concentration.

« Dans le silence, je vais au bout des choses. Chaque tâche, je la fais sans être perturbée. Dans ma vie normale, je commence plein de trucs et je m’arrête ».

Pour une autre encore, le ressenti est plus corporel que mental :

« Franchement, ça me relaxe. Chez moi, quand je suis seule sans mes colocataires, je reste avec un livre, tranquille. Ça fait beaucoup de bien ».

Et pourtant, le silence n’est pas si évident.

L’une reconnaît avoir été frappée par ses automatismes :

« J’avais plein de fois envie de prendre mon téléphone pour vérifier une info à laquelle je pensais. C’est un réflexe ».

Ce réflexe dit beaucoup de notre rapport au vide. Il expose les habitudes. Mais pour plusieurs d’entre elles, quelque chose se vit pourtant...

« Au bout d’un moment, je me suis sentie vraiment relaxée. Comme si ça pouvait encore durer une demi-heure. On flotte un peu, on est déconnectée du rythme habituel ».

Faire silence ensemble : apaisant ou déroutant ?


Être seul.e en silence n’a pas le même goût qu’être silencieus.e entouré.e d’autres personnes.

Pour certaines, la dimension collective agit comme un contenant rassurant :

« Si je l’avais fait seule chez moi, j’aurais peut-être arrêté vite. Là, il y a un cadre. Et je n'aime pas le silence habituellement, c'est pas forcemement facile. Là, Je me sentais en sécurité avec vous à côté ».

Une autre va dans le même sens :

« L’autodiscipline peut vite partir. Le fait d’être dans un temps défini, ensemble, ça m’aide à vraiment vivre ce moment ».

Mais le groupe peut aussi être déroutant...

« Quand il y a des gens, j’ai envie de parler, de rire. J’évitais les regards parce que dès qu’il y avait un "eye contact", j’avais envie d’entrer en relation ».

Elle raconte avoir dû « décrocher », apprivoiser l’envie d’interaction pour revenir à elle-même.

Pour une autre, l’étrangeté venait simplement du fait de ne pas se connaître :

« Au début, c’était un peu bizarre d'être avec des gens qu'on ne connait pas. Puis une fois habituée, ça allait ».

Quand le silence s'installe


Toutes évoquent un moment précis où quelque chose s’est relâché.

L’une raconte avoir fermé les yeux :

« Je me suis sentie hyper détendue. J’aurais pu rester comme ça beaucoup plus longtemps. J’étais sereine. Alors que normalement, le silence, c’est compliqué pour moi ».

Une autre décrit un relâchement très physique :

« Le fait d’être allongée sur quelque chose de dur m’a aidée à sentir chaque muscle. J’étais stressée de ma journée en arrivant, et très vite j’ai lâché ».

Une participante résume avec simplicité :

« Je plane, me suis dit que je pouvais rester encore trois heures ».

Un changement de regard

Avant de venir, certaines étaient sceptiques.

« Je me suis dit : dans quoi je m’embarque ? C’est particulier de se retrouver avec des personnes qu’on ne connaît pas forcément juste pour partager un moment en silence ».

Et pourtant :

« Ça m’a grave détendue. Même physiquement. Ça m’a permis d’entrer dans mon week-end avec une énergie très positive, comme si j'avais vécue un sas ».

Une autre redoutait le silence depuis longtemps :

« Quand je suis seule, je mets toujours un fond sonore. Je n’aime pas le silence total ».

L’expérience a ouvert une brèche :

« Je me suis rendu compte que c’était bien aussi. Je pensais détester ça… et finalement, c’était vraiment cool et je suis prête à le refaire ».


Pour Jordane et moi, entendre ces retours est précieux.

Voir arriver des personnes parfois mal à l’aise avec le silence (certaines presque inquiètes) et observer ce qui se transforme au fil de la séance reste un moment à part.


Il ne s’agit pas de provoquer quoi que ce soit.

Nous posons simplement un cadre. Un temps. Une intention.


Puis nous nous retirons.

Et le silence agit.


Il confronte les automatismes. Il met en lumière les tensions. Il fait surgir l’envie de parler, de fuir, de saisir son téléphone. Et parfois, il ouvre un autre espace : une détente inattendue, un relâchement profond, une présence plus calme.


Ce qui nous touche, c’est de voir qu’il peut rester un allié pour certains et devenir habitable pour d’autres.


Notre rôle est d’oser ne rien ajouter. D’ouvrir un espace nu, clair, protégé. De faire confiance à cette matière invisible qu’est le silence.


Et bien souvent, cela suffit.




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